j'aime
quand
les nuages au ventre lourd
dépassent
le détroit des grandes espérances
et
crèvent leur espoir au-dessus des campagnes
qui
déferlent de joie
à la tombée du jour
j'aime
quand
le ciel se délivre sur les arbres tendus
et
les champs crevassés
j'aime
quand la terre fume
j'aime quand la terre se donne et pleure et rit et chante
buvant
la source vive
pour
que le blé enfante
j'aime
quand cette eau généreuse nous invente sa danse
quand elle s'insinue dans la glaise assoiffée
pour faire lever le grain et gonfler la rivière
quand elle jaillit, sauvage
en longs rires mouillés
de ses notes gracieuses caresse le feuillage
alors
délice
sans égal
j'offre aux gouttes de pluie mon visage en prière
je
me berce à sa voix délicate et légère
joyeux
et vivifiant carillon de cristal